La municipalité change en 1989 et M. Guy Moine devient maire.
L’agrément préfectoral s’avère alors particulièrement bienvenu.
Deux sites remarquables au sens de la loi du littoral ont été répertoriés sur la presqu’ile : la propriété Juvenal au village et la propriété Fliche au Pin Rolland.
A la lecture des projets municipaux, plusieurs orientations majeures concernant la propriété Juvenal apparaissent :
• un projet de balnéothérapie en bord de plage de la Coudoulière ;
• la création d’une route, correspondant à l’emplacement réservé n°14 (ER14), destinée à desservir l’ensemble de la colline en traversant la vigne de la propriété Juvenal, puis remontant à flanc de colline jusqu’au cimetière ; Elle ouvre à l’urbanisation toute la moitié de colline qui se trouve en dessous de la voie.
• la constructibilité du reste de la vigne, jusqu’aux immeubles du Grand Large.
S’agissant du projet de balnéothérapie, ses promoteurs soutiennent qu’il bénéficierait d’une dérogation à l’interdiction de construire dans la zone des cent mètres instaurée par la Loi Littoral, au motif de la nécessaire proximité de la mer.
Le Conseil d’État met rapidement fin à cette interprétation en suggérant, non sans ironie, l’installation d’un tuyau de cent mètres pour acheminer l’eau du rivage jusqu’à l’établissement. L’affaire est ainsi tranchée : inconstructibilité dans la bande des cent mètres, la zone étant non urbanisée.
La même analyse s’impose alors pour le terrain Lucco, au Pin Rolland.
La construction de la maison de retraite en zone non urbanisée ne sera pas contestée devant les tribunaux faute d’avoir eu connaissance à temps de ce projet . Ce sera la porte ouverte à la construction dans la zone des cent mètres au motif que nous n’étions plus dans la zone protégée puisque l’on ne pouvait plus prétendre à une absence d’urbanisation alentour.
C’est ainsi que le port à terre initialement autorisé au titre des dérogations légales à la loi du littoral deviendra un énorme projet immobilier.
La détermination des promoteurs à construire est forte et constante et ils parviennent trop souvent à leur fin en l’absence complaisante de l’Etat qui ne veille plus au respect des lois qu’il édicte. Ne restent plus que les associations avec leurs faibles moyens…
Le projet de route, constitue une urgence, puisqu’il implique directement la puissance publique.
Le devenir du reste de la propriété apparaît moins immédiat : un différend juridique dur oppose entre eux les héritiers de Maître Juvenal.
Dans ce contexte, l’APE fait de l’ER14 sa priorité.

