Episode 13 : le projet de piste cyclable en bord de mer

Épisode 13 : le projet de piste cyclable en bord de mer

Lors de l’élaboration du POS, la possibilité d’un passage par le bord de mer avait été portée à la connaissance de la DDE. Cette idée sera reprise plus tard dans les « Dix propositions » (voir épisode 10).

1996

C’est l’année de la mise en service de la station d’épuration de Cap Sicié.

Il faut alors raccorder les réseaux d’eaux usées du village et du PEM (alors CIN) à la nouvelle usine.

La Marine, non sans difficulté, accepte de laisser passer les canalisations en bord de mer par le site du Lazaret.

Banco ! Pourquoi ne pas profiter de ces travaux pour recouvrir ce trajet d’une bande d’asphalte et réaliser ainsi — avec quelques aménagements complémentaires si nécessaire — une piste cyclable ?

Nous montons alors un dossier que nous transmettons à Alain Ballester, qui s’en empare à notre grande satisfaction.

Mais la réponse de la Marine tombe  net : refus.

2002

La Marine doit réduire la voilure et supprimer la BAN de Saint-Mandrier.

À titre de compensation, l’amiral Marcus, adjoint territorial du préfet maritime chargé de négocier avec la commune représentée par Alain Ballester, accepte le principe de la piste cyclable.

Le projet est alors inscrit au Plan de Déplacements Urbains (PDU) de la communauté d’agglomération.

2003

Cette concession ne plaît pas à certains officiers, qui gardent un ressentiment profond envers la commune de Saint-Mandrier, laquelle s’était opposée aux rejets radioactifs par l’émissaire de Cap Cépet (mais c’est une autre histoire).

Ils profitent du classement SEVESO tout récent du site du Lazaret — lié à la directive 105-2003 — pour revenir sur la parole donnée.

Ils prétendent alors que des risques d’explosion interdiraient tout passage en bord de mer.

Cette interprétation est erronée.

Le classement concerne en réalité le stockage de gasoil et de carburéacteurs, produits pétroliers à point d’éclair élevé. Ce classement est surtout motivé par les risques pour l’environnement aquatique,(120 000 tonnes de carburant stockées à quelques mètres du rivage).

2005

Encore faut-il parvenir à le faire entendre à la Marine.

Au sein du bureau de l’APE, les avis sont partagés. Finalement, l’association ne souhaite pas défendre le projet. Sa présidente notamment est tiraillée entre sa fidélité à la Marine et ce projet de piste cyclable.

Face à ce refus, nous décidons de créer l’association « Vélo pour tous » pour porter le dossier.

S’ensuivront quinze années d’animations, de communication et de recours qui permettront :

•l’inscription de la piste dans les Plans de Déplacements Urbains succesifs(PDU) ;

•une décision favorable du Tribunal Administratif de Toulon, donnant tort au préfet.

Ce combat sera l’une des raisons de ma participation à l’équipe municipale en 2007 afin de défendre ce projet dans les différentes instances administratives.

Et finalement nous gagnerons …sur le plan procédural.

Le projet de piste cyclable va pourtant être sacrifié à d’autres préoccupations.

2019

Les réservoirs du site datent des années 1920, la Marine est contrainte de restructurer totalement le dépôt du Lazaret.

Des crédits importants sont programmés : 70 millions d’euros.

La commune doit donner son avis sur l’étude d’impact de ce projet.

Lors de l’enquête, l’association « Vélo pour tous » souligne combien il serait important que la commune émette un avis défavorable, car :

•la piste cyclable est prévue au PDU, ces dispositions s’imposent légalement à la Marine.

• un jugement définitif du tribunal administratif lui est favorable.

Nous rencontrons M le Maire.

Celui-ci refuse de nous entendre, expliquant que certains habitants attendent avec impatience de pouvoir se loger et veulent savoir à quoi s’en tenir.

(Il s’agissait en réalité du projet immobilier construit depuis sous la maison de retraite.)

La commune donne  un avis favorable, condamnant ainsi le projet, alors même que les bases juridiques existaient pour porter cette réalisation d’intérêt général au plus haut niveau et trouver une solution satisfaisante pour les deux parties.

Il y avait manifestement urgence à construire à proximité des réservoirs.

Novembre 2019 : le coup final

L’abandon est confirmé lorsque la commune ne défend pas correctement l’emplacement réservé (ER) pour la piste cyclable dans le PLU, attaqué par le préfet.

Très habilement, celui-ci avait regroupé deux demandes :

1.l’annulation de l’ER pour la piste cyclable ;

2.l’annulation pure et simple du PLU pour non-respect du pourcentage de logements sociaux.

À l’audience, la défense de l’emplacement réservé pour la piste est tellement indigente que l’abdication est immédiatement perçue par le représentant de la préfecture.

À la fin de la plaidoirie de l’avocat de TPM « pour » la piste, au moment d’exposer les griefs de la préfecture concernant les logements sociaux, il annonce que la préfecture retire sa demande. ce point ne sera pas jugé.

CQFD.

Épilogue

Le PLU n’est pas annulé alors qu’il ne respecte pas les quotas de logements sociaux. L’emplacement réservé pour ls piste cyclable disparait après un appel inutile puisqu’il sera vide d’arguments juridiques.

Il faudra attendre la prochaine restructuration du site , celle ci avait attendu un siècle,  ou… un miracle.

Dans les mois qui suivent, nous dissolvons l’association « Vélo pour tous », devenue sans objet sans le soutien effectif de la commune.